Leroy Little Bear

Leroy Little Bear's Portrait
La vie de Leroy Little Bear est parsemée de réalisations, incluant quelques-unes des mesures politiques les plus importantes pour les Autochtones du Canada et du monde entier. Son engagement envers l’éducation, le leadership, le développement de la conscience communautaire et la défense des droits de la personne, a donné lieu à une déclaration des Nations Unies et à la modification de la Constitution du Canada et a influé sur la vie de milliers d’étudiants.

M. Little Bear a grandi dans la Réserve des Gens-du-Sang au sud de l’Alberta, dans une fratrie de sept enfants. Pendant son enfance, il a travaillé dans des fermes et pris part à des activités culturelles locales comme des Danses du Soleil et des pow-wow.

M. Little Bear est allé à l’école pour la première fois lorsqu’il avait 10 ans, dans un pensionnat situé dans la réserve. Malgré sa soif innée d’apprendre, il s’est vite aperçu que son éducation était régie par des attitudes colonialistes. Plus tard dans sa vie, cette expérience a exercé certains effets sur son parcours formatif.

Au cours de ses études de premier cycle à l’Université de Lethbridge, il a noué des liens avec Sam Smith, le recteur de l’établissement. Souhaitant apporter un appui aux Autochtones de la grande région de Lethbridge, M. Smith a demandé à M. Little Bear s’il pouvait établir pour lui un contact avec cette communauté. Ce dernier a répondu : « Pourquoi ne vous adressez-vous pas directement à eux ? » Cette conversation a été la source d’un projet auquel a participé M. Little Bear durant ses études à Lethbridge et à l’Université de New Mexico. Ses relations avec les communautés autochtones locales ont permis de créer le programme d’études amérindiennes de l’Université Lethbridge, l’un des premiers du genre au Canada. À cette époque, M. Little Bear suivait également des cours de droit à l’Université d’État de l’Utah. Dans sa dernière année de droit, le doyen de l’Université de Lethbridge lui a proposé de diriger le nouveau programme d’études amérindiennes.

Le retour des M. Little Bear à Lethbridge a été décisif pour sa carrière. Il a élaboré, en tant que professeur, des cours en droit, en philosophie, en histoire, en politique et enjeux sociaux, en santé, en arts et en langues autochtones. Par l’intermédiaire de ce programme, M. Little Bear a inspiré des milliers d’étudiants autochtones et non autochtones. Depuis, des générations de ses diplômés influent eux-mêmes sur les prochains enseignants et directeurs d’écoles dans les réserves, ou dirigent des programmes similaires à l’université de Calgary, au collège de Bow Valley et au SAIT. M. Little Bear est aussi fondateur et directeur du programme d’études amérindiennes interfacultaire de l’Université Harvard, où il a enseigné pendant une brève période avant de retourner à Lethbridge.

râce à sa formation en droit et à son expertise en matière de défense des droits autochtones, M. Little Bear a fait évoluer la loi canadienne et la loi d’autres pays à plusieurs reprises.

M. Little Bear a fait partie de l’équipe d’avocats qui a conseillé l’Assemblée des Premières Nations lors du transfert des pouvoirs législatifs au Canada qui a suivi l’adoption de la Loi constitutionnelle de 1982 par le Parlement britannique. Il a ensuite agi comme conseiller juridique dans le cadre d’autres conférences constitutionnelles consacrées à des questions autochtones. Les négociations de son équipe ont donné lieu à l’établissement de l’article 35 de la Constitution du Canada, qui reconnaît et englobe les droits autochtones. En outre, M. Little Bear est devenu le premier Autochtone cité par la Cour suprême du Canada.

En tant que membre du groupe d’étude sur le système de justice pénale et de l’équipe d’avocats qui éclairé l’Assemblée des Premières Nations sur des questions relatives aux droits des Autochtones, il a travaillé pendant des années à l’amélioration de l’administration de la justice, incluant ses résultats, pour les Amérindiens et les Métis d’Alberta. M. Little Bear a également pris part à la planification stratégique et à la consultation entourant les Traités 6, 7 et 8, de même que rédigé une déclaration concernant la Confédération des Pieds-Noirs et a défini le cadre constitutionnel de la gouvernance de la tribu des Blood, ou tribu Kainaiwa.

L’un des accomplissements les plus remarquables et persistants de M. Little Bear est l’aide qu’il a apportée aux Nations Unies pour la création d’un groupe de travail sur les populations autochtones. Ce groupe est à l’origine du concept initial de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, qu’il a aussi rédigée. Cette déclaration ratifiée par 144 États membres des Nations Unies est mise en œuvre en Alberta.

Au cours des décennies où il a enseigné et il s’est investi dans la sphère communautaire, M. Little Bear a touché la vie de milliers d’étudiants et d’innombrables membres de communautés autochtones locales et étrangères. Ses efforts visant l’avancée des droits de la personne ont contribué à rendre meilleure la vie des peuples autochtones au Canada et ailleurs sur la planète. D’abord élève au pensionnat de la Réserve autochtone Blood devenu un spécialiste influent en matière de droits de la personne, M. Little Bear a donné aux Canadiens et au reste du monde un brillant exemple de mission professorale, de leadership, de collaboration et d’action revendicatrice.

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